Matthieu Loupias, entrepreneur dans le BTP au Séquestre

J’ai deux entreprises : Isobat, spécialisée en rénovation énergétique et ravalement de façade, et Tarn Energies, qui fait des combles à 1€. Jusqu’au confinement, tout allait bien. J’ai décidé de mettre à l’arrêt les chantiers le 16 mars, après en avoir parlé à mes salariés. Ils ont été mis au chômage technique. Les clients, publics comme privés, ont été compréhensifs.
Pendant un mois, on a été à l’arrêt total. Le principal problème a été la trésorerie. Isobat est sous le coup d’une procédure de sauvegarde. De ce fait, on n’a pas eu droit
aux aides de l’État tout de suite. En théorie, on aurait pu continuer de travailler. Mais au début, on nous imposait un camion par ouvrier et ce n’était pas possible. De plus, nous avons tout de suite commandé des masques et des gants que nous n’avions toujours pas reçus mi-mai ! Impossible aussi de trouver du gel. Heureusement, une solidarité s’est mise en place entre professionnels. Quand on a pu être équipés, Isobat a repris le 21 avril avec des effectifs réduits et Tarn Energies le 4 mai. Tout le monde s’est bien adapté aux gestes barrières, en gardant sa bonne humeur. Aujourd’hui, l’activité a bien repris, je dirais à 90 %. Mais je ne suis pas sûr que ce soit suffisant pour absorber le report de charges. Avec 12 salariés, Isobat ne bénéficie pas de l’exonération de charges de trois mois dont vont bénéficier les TPE de 0 à 10 salariés. C’est un simple report de charges, et au mois de juin il faut payer double…

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